Les festivités de la 60e édition du Festival international de Carthage se poursuivent. Lors de sa deuxième soirée, le samedi 18 juillet 2026, le public a retrouvé le roi du raï Cheb Khaled, qui a offert à son public une soirée historique placée sous le signe de la nostalgie.
Hommage à la mémoire de Saleh Farzit
Avant le début du spectacle, il était impératif de rendre hommage à l'âme du défunt Saleh Farzit, décédé quelques heures avant le concert de raï. Une vidéo présentant les moments forts de sa carrière artistique, qui s'est étendue sur environ cinquante ans, a été diffusée.
Le retour du roi du raï après dix ans d'absence
Cheb Khaled a chanté devant le public de Carthage après une absence de dix ans, offrant tout au long de la soirée un espace de joie et nous ramenant, par la magie de la musique, à des moments de la belle époque.
Cheb Khaled est un phénomène artistique et musical. Il a réussi à faire sortir l'art du raï d'un cercle local étroit pour l'ouvrir aux plus grandes portes de la scène mondiale et de la gloire, propulsant le raï vers les sommets du succès après l'avoir fusionné avec le rock, le reggae, le jazz et d'autres rythmes internationaux.
Un parcours artistique d'Oran à l'international
Cheb Khaled a forgé sa gloire artistique après de longues années de travail. Il est entré dans le monde de l'art très jeune, à l'âge de quatorze ans, et a formé son premier groupe nommé "Les Cinq Étoiles", puis a chanté avec le groupe "Orchestra Boys" lors de mariages et dans les boîtes de nuit à Oran, où il a acquis une expérience précoce dans le chant du raï.
Il a enregistré sa première chanson intitulée "Tric Liçée" et a été parmi les premiers à introduire l'orgue électronique dans la musique raï, contribuant ainsi à donner une touche moderne à ce genre musical, qui se caractérisait auparavant par son style bédouin folklorique. De la ville d'Oran, l'expérience a pris son envol vers l'international, lui permettant d'inscrire son nom en lettres d'or et de trôner au sommet de la chanson raï.
Des chansons gravées dans la mémoire et un hymne à la liberté
La rencontre de Khaled avec son public à Carthage était exceptionnelle, un mélange de nostalgie et d'amour. Il a chanté "Bakhta", "Wahran", "Didi", "Ya Chabba" (élue meilleure chanson en 1989), "El Harba Wein" et "Aïcha", des chansons gravées dans la mémoire des Tunisiens, que le public a mémorisées et reprises avec lui dès les premières notes, créant ainsi un rendez-vous exceptionnel avec l'art du raï.
Cheb Khaled a connu un succès mondial grâce à des chansons devenues des marques distinctives de sa carrière, notamment "Didi", qui s'est transformée en un phénomène musical mondial. Cette chanson, écrite et présentée pendant une période critique de l'histoire de l'Algérie, est devenue comme un hymne à la liberté.
Ont suivi des chansons considérées comme une formulation différente du goût musical, telles que "Aïcha" et "C’est la vie", cette dernière étant considérée comme un hymne à la joie, à la vie et à la liberté. Ce sont des chansons qui ont consolidé sa présence en tant qu'artiste capable de traverser les cultures et les langues sans perdre son identité d'origine.
Une épopée artistique et un message de paix
Les rythmes de la guitare se sont fondus avec la folie de la batterie et le fracas du saxophone pour écrire une épopée musicale lors d'une rencontre envoûtante entre Khaled et son public. Il a chanté pour l'amour, la nostalgie, la patrie et tous les sentiments humains sincères.
Sa spontanéité sur scène, sa façon d'interagir avec le public, son style de chant unique, ainsi que les traits de son visage et son sourire que la vie n'a pas altéré, ont fait de lui une star mondiale. À Carthage, il a prouvé que le véritable artiste gagne la reconnaissance et l'amour du public grâce à un art qui épouse les préoccupations de l'être humain.
Cheb Khaled, l'artiste engagé pour les causes de sa patrie, défendant par ses chansons la patrie en tant que lieu et idée, est connu pour son soutien aux causes justes. Il a porté sa musique de sa ville à toutes les scènes du monde, chantant avec des sommités et des noms de différentes nationalités, tout en préservant son identité pour rester le roi du raï depuis le début des années 90 jusqu'à aujourd'hui.
Cheb Khaled s'est drapé des drapeaux tunisien et algérien et s'est enivré de sa rencontre avec le public de Carthage. Il a offert à ses fans une nuit exceptionnelle, a écrit une épopée artistique et humaine, et a conclu son concert par la phrase "Vive le Grand Maghreb", un appel direct à la paix et à l'amour.
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