Sky world news | Sky planète | La planète ne manque pas seulement de temps : elle commence à manquer de ressources. Et derrière chaque litre d’eau consommé, chaque tonne de minerai extraite, chaque hectare transformé et chaque énergie produite se joue une question devenue centrale : jusqu’où pouvons-nous continuer à exploiter la Terre sans compromettre notre propre avenir ?
Depuis cinquante ans, l’extraction mondiale de ressources naturelles a plus que triplé, passant d’environ 30 à 106 milliards de tonnes par an. Et la tendance ne ralentit pas. Selon le Programme des Nations unies pour l’environnement (PNUE), sans changement profond de nos modes de production et de consommation, l’extraction pourrait encore augmenter de près de 60 % d’ici 2060 par rapport à 2020.
Le problème ne concerne pasuniquement les minerais, le pétrole ou le gaz. Il touche aussi l’eau, les sols, les forêts, les ressources halieutiques et l’ensemble du vivant. L’extraction et la transformation des ressources représentent plus de 60 % des émissions responsables du réchauffement climatique lorsqu’on prend en compte les changements d’usage des terres. L’agriculture et la foresterie sont également à l’origine d’une grande partie de la perte de biodiversité liée aux terres et du stress hydrique.
L’eau constitue l’un des signaux d’alerte les plus visibles. Le changement climatique perturbe le cycle de l’eau, accentue les sécheresses et augmente les risques liés aux inondations. Les Nations unies soulignent que près de la moitié de la population mondiale connaît déjà de graves pénuries d’eau pendant une partie de l’année.
Ce modèle pose également une question de justice. Le PNUE estime que les pays à revenu élevé utilisent beaucoup plus de ressources que les pays à faible revenu et génèrent une empreinte climatique nettement supérieure. Autrement dit, l’épuisement des ressources n’est pas seulement une crise écologique : c’est aussi une crise économique, sociale et géopolitique.
Pourtant, le scénario n’est pas écrit d’avance. Le PNUE estime qu’une transformation des systèmes alimentaires, énergétiques, de mobilité, de construction et de consommation pourrait permettre de réduire fortement la pression exercée sur les ressources tout en améliorant le bien-être humain.Le véritable danger serait donc de continuer à considérer les ressources naturelles comme infinies. Une forêt détruite, une nappe phréatique surexploitée, un sol dégradé ou une espèce disparue ne sont pas de simples pertes environnementales : ce sont des éléments du capital naturel dont dépendent notre alimentation, notre économie et notre sécurité.
Le signal d’alarme est déjà là. La question n’est plus de savoir si nous devons changer, mais combien de temps nous pouvons encore attendre.
SKY PLANET — par SKY WORLD NEWS.
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