L'anniversaire de la proclamation de la République ne saurait passer sans une célébration digne de l'événement, et la plus belle offrande fut une soirée de chant tunisien le 25 juillet 2026, intitulée "Une patrie aimée des amoureux" ("Watan bi Hubb el Ashiqin"), dans le cadre de la 60e édition du Festival international de Carthage. La soirée a été honorée par la présence de la ministre des Affaires culturelles, Mme Amina Srarfi, ainsi que de nombreux artistes tunisiens, dans une célébration majestueuse alliant l'officiel et le populaire, l'institutionnel et le citoyen, le passé et le présent.
Nul ne conteste l'authenticité de la tonalité musicale tunisienne et sa proximité avec l'oreille ; elle est, avant tout, l'expression la plus proche de l'identité et de l'âme de la nation. C'est sur ce principe qu'a été conçue la soirée, dirigée musicalement par l'Orchestre national de musique tunisienne sous la baguette du maestro Youssef Belhani, réunissant une pléiade d'artistes interprétant leurs plus belles chansons, aux côtés de pièces issues du patrimoine national intemporel—une fusion d'authenticité et de modernité, de voix établies et émergentes.
La tenue unifiée de l'orchestre, en blanc et rouge, était une expression claire de la célébration officielle de la patrie en son jour national, tandis que la performance musicale atteignait des sommets de perfection, avec des transitions fluides entre les modes et les styles musicaux, reflétant des années de formation et de discipline, et confirmant le statut de l'orchestre comme l'un des piliers du paysage musical tunisien.
La soirée s'est ouverte sur un hymne choral intitulé "Bladi Aryn el Oussoud" ("Ma patrie, l'antre des lions") et s'est achevée sur la même pièce, dans une construction circulaire porteuse de sens profond : la patrie est le commencement et la fin, et toutes les mélodies et musiques interprétées entre les deux n'étaient que des détails dans l'histoire de cet amour sans cesse renouvelé. L'hymne était une déclaration de loyauté et un renouvellement d'allégeance, comme si chacun disait : nous venons de la patrie et nous y retournons, et entre le début et la fin, nous vivons des moments de joie et de fierté.
Le reste de la soirée peut être divisé en deux parties complémentaires. La première partie était dédiée aux chanteurs ayant une riche histoire dans le paysage musical tunisien, qui ont beaucoup contribué et construit une large base de fans à travers des chansons gravées dans la mémoire collective. En tête, l'artiste Alia, qui a interprété ses propres productions "Habbat Nasma Chalha" et "La Aazem." L'artiste Ghazi Ayadi a présenté quelques-unes de ses plus belles œuvres, dont "Baâtreflek," "Hobbit Zmani," "Alaïn," et "Lat el Zin." Shahrazad Helal a chanté "Lamouni Ennas," "Khalina Ashab," et "Ya Hasra Alaik." Quant à Sofien Zaidi, il a offert sa chanson "Khamsa Snin" ainsi qu'un medley de chants soufis tunisiens qui a profondément captivé le public.
La deuxième partie de la soirée célébrait l'héritage musical féminin tunisien intemporel, avec Wafaa Abbès, Malek El Charne et Mariem Nourredine interprétant les plus belles œuvres des artistes pionnières : Saliha, Alia, Naima et Slaf. Elles ont enchanté l'auditoire avec des mélodies exquises, notamment "Aardouni Zouz Sbaya," "Charq Ghda Bel Zin," "Ah Ya Khalila," "Alay Jra," et "Halili Wi," parmi d'autres chefs-d'œuvre transmis de génération en génération. Les performances de ces jeunes artistes ont servi de pont entre le passé glorieux et le présent rayonnant, prouvant que le patrimoine tunisien n'est pas seulement de vieilles chansons, mais une source intarissable de créativité.
La soirée de la musique tunisienne a été l'un des temps forts du festival et la plus proche du citoyen tunisien, pour plusieurs raisons, notamment la valorisation des genres musicaux tunisiens, l'hommage aux artistes tunisiens et la mise en valeur de leur production musicale. Ce soir-là, un hymne d'amour a été murmuré à l'oreille de chaque présent, afin que, peut-être, par l'amour, nous puissions bâtir une patrie plus belle. Cette nuit restera une étape marquante dans l'histoire du festival, rappelant que l'art est le langage le plus capable d'unir les cœurs, et que la chanson tunisienne, dans toute sa diversité, demeure l'emblème ultime de l'appartenance et de l'identité.
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