Les activités de la 60e édition du Festival international de Carthage se poursuivent, et le tarab a eu son moment de gloire lors d'une soirée exceptionnelle, le mardi 28 juillet 2026, réunissant l'artiste Yosra Mahnouch, aux impressionnantes capacités vocales, et un public venu en nombre pour savourer le chant arabe authentique, dans une soirée placée sous le signe de la fidélité, de la créativité et de la maîtrise artistique.
"La dame du tarab arabe"—un titre qui confère à l'artiste Yosra Mahnouch une grande responsabilité, l'obligeant à être à la hauteur des attentes musicales et artistiques, et à prouver à chaque fois qu'elle monte sur la scène antique de Carthage sa légitimité à porter ce prestigieux titre. C'est un titre qui ne se donne pas à la légère, mais Mahnouch a su, à travers des années de dévouement, de patience et de formation, en faire une partie intégrante de son identité artistique, s'élevant à la hauteur de l'émotion profonde, de la présence imposante et de la capacité à captiver les cœurs qu'il exige.
C'était la sixième fois que Mahnouch chantait à Carthage, depuis sa première apparition en 2008. Elle continue de construire ses succès, gagnant le respect des artistes et des critiques, prouvant que le vrai succès n'est pas accidentel mais le fruit de l'engagement, de la sincérité et d'un amour inépuisable pour l'art. Ce soir-là, elle a rencontré son public avec tout son amour. Avant le concert, une vidéo a été diffusée dans laquelle elle parlait de l'appréhension de monter sur scène à Carthage : "Le poids de l'histoire et la grandeur du moment, se tenir sur cette grande scène est une responsabilité." Puis elle s'est adressée au public, ajoutant : "Nous allons écrire un nouveau chapitre de l'histoire aujourd'hui." Ses paroles étaient une promesse, et le spectacle fut son accomplissement.
Pendant deux heures, Mahnouch a réussi à écrire un nouveau chapitre, intitulé : Une artiste maîtrisant parfaitement son art, capable de réussir devant les publics les plus exigeants—le grand public de Tunisie. Elle a ouvert le concert avec "Bafakkar Fik," composé par Mahmoud El Khayami, suivi de "Mihana," la chanson qui l'a fait connaître dans le monde arabe et qui lui a valu une large base de fans grâce à sa participation à "The Voice." "Mihana" était un rappel de ses débuts, une reconnaissance des défis qu'elle a surmontés avec détermination.
"Vous m'avez manqué" était le mot secret entre l'artiste et son public, après une absence de trois ans à Carthage. Mahnouch est revenue chargée de passion et de nouvelles productions artistiques, offrant un programme varié. Elle a rendu hommage aux grands maîtres de la musique arabe : pour Oum Kalthoum, elle a chanté "Ansak" et "Hobb Eh" ; pour Abdel Halim Hafez, "Zay El Hawa" et "Ay Dam'at Hazn La" ; et pour George Wassouf, "El Hawa Sultan." Ce segment était un hommage aux plus belles voix arabes, prouvant sa légitimité à porter le titre de "Dame du tarab arabe," car elle a excellé, convaincu et transporté le public dans ces belles époques révolues.
Mahnouch a également interprété ses propres productions, dont "Bafakkar Fik," "Hawalia Nas" composé par Mohamed Hamdi (sa dernière sortie), "Esket Bess," et "Ya Rouhi wa Ya Dada." Son public connaissait chaque mot, chantant en chœur, dans une scène montrant la connexion profonde entre l'artiste et ses fans, et comment ses chansons sont devenues un trésor partagé.
Un moment récurrent dans les concerts de Mahnouch est son retour à l'identité populaire tunisienne, où elle interprète les genres traditionnels tunisiens, le chant soufi et les noubas à sa manière. Le public s'est enivré avec "Ya Chadli Ya Belhassen," "Ya Faris Baghdad," "Rayes El Abhar," et "Rakeb Al Hamra," ainsi que la nouba de Bizerte. L'orchestre, dirigé par Abdelbaset Belgaid, a fait preuve d'un professionnalisme exceptionnel dans le traitement de tous les styles musicaux, prouvant que l'orchestre est un partenaire essentiel dans toute soirée de tarab réussie.
La force de Mahnouch réside dans sa capacité à se déplacer avec aisance entre des styles musicaux divers, interprétant des mélodies des principales écoles arabes—golfe, égyptienne, irakienne—tout en évoquant la profondeur de l'identité tunisienne à travers les muwals (chants improvisés) et le chant soufi, en passant par les classiques du tarab oriental. Cette diversité n'était pas seulement un étalage de techniques vocales ; elle confirmait ses capacités artistiques et sa flexibilité vocale dans chaque genre qu'elle a choisi. Le résultat fut un public ensorcelé, pleinement engagé dans chaque segment du concert.
Une fois de plus, Yosra Mahnouch a relevé le défi. Son concert fut un succès tant sur le plan artistique que populaire, et elle a écrit un nouveau chapitre de succès, prouvant son talent et sa capacité à se connecter avec le public lors d'une soirée de pur tarab qui restera longtemps gravée dans la mémoire de ses admirateurs, témoignant que le véritable art ne meurt jamais et que les grandes voix demeurent immortelles dans le cœur des générations.
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